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Cartographie historique du Tibet
La question de l'indépendance du Tibet fait débat depuis son invasion par la République Populaire de Chine en 1950. Alternative tibétaine, le journal francophone consacré à la question tibétaine et à la problématique de l'indépendance s'est donc intéressé à la cartographie du Tibet à travers les siècles. 
Dans un article publié fin juin 2008, la revue verse au dossier une série de documents de premier ordre qui, sans prouver à eux seuls l'indépendance historique du Tibet, réfutent en revanche les thèses avancées par le gouvernement chinois.

 "Avant 1950, s'il existe des cartes chinoises prétendant que le Tibet est littéralement une province de Chine - le Zixang, moins l'Amdo et le Kham assimilés au Qinghai et au Xikang - ou des cartes tibétaines revendiquant un "Tibet historique" souverain, aucune carte étrangère n'entérine l'une ou l'autre thèse. Plus généralement, les cartes historiques "d'époque", dessinées par une tierce partie, européenne la plupart du temps, montrent une toute autre réalité. Du XVIIe au XIXe siècle, le Tibet est toujours distingué de la Chine, soit comme pays indépendant, soit en étant rattaché à la Tartarie dite indépendante. Avant le XIXe siècle, il n'est jamais fait référence à un "empire chinois" - sinon pour désigner la Chine elle-même, au sens strict. Même lorsque la "Tartarie orientale" devient "Tartarie chinoise", et, au fil des alliances, s'étend vers l'Ouest, le Tibet ne lui est jamais rattaché et elle n'est jamais "la Chine"."

"Ces cartes "d'époque" et "étrangères" ne sont pas une preuve irréfutable de l'indépendance du Tibet, encore moins de l'appartenance de celui-ci à la Chine, mais elles rapportent un regard du passé, bien souvent en contradiction avec les thèses convenues du présent. On y voit notamment ce qu'était la Chine. Et ce qu'elle n'était pas. En ce sens, la "Grande muraille de Chine" désigne clairement la frontière septentrionale et avait pour vocation de protéger contre les invasions "barbares" du Nord ("Tartares", Mongols, Mandchous, etc.). Loin d'être le vestige d'une histoire révolue, elle fut restaurée et consolidée sous la dynastie chinoise des Ming (1368-1644), en réaction à la conquête mongole et en prévision d'invasions futures - en l'occurrence mandchoue au XVIIe siècle. Pour autant, la Chine, au XXe siècle, n'hésite pas à faire remonter ses prétentions sur le Tibet à des époques où elle était elle-même sous domination "barbare" - mongole sous la dynastie des Yuan (1279-1368), mandchoue sous la dynastie des Qing (1644-1911) - en se revendiquant de ses propres conquérants, rétrospectivement désignés par elle comme "minorités" d'une Chine "mutlinationale" ancestrale. "


 
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