LA FLAMME DE LA HONTE EST ETEINTE !
MAIS CELLE DE LA LIBERTE BRILLE AUJOURD'HUI...
Journée difficile pour la flamme olympique qui n'a pas pu effectuer le parcours prévu à travers Paris en raison des multiples actions menées par tous les défenseurs des droits de l'homme au Tibet et en Chine.
Le président de la République, soucieux de ne pas humilier la Chine, devra probablement se fendre d'excuses officielles...
L'honneur de la France, quant-à lui, était sauf hier, grace à l'action d'une poignée d'élus, de quelques personnalités du spectacle et de la culture et de tous ces sympathisants venus de France, d'Europe et d'Asie, qui ne cesseront pas de défendre les droits de l'homme partout où ils sont bafoués, et bien souvent ignorés, au mépris de toute conscience politique et humaine.
Un impressionnant dispositif de sécurité avait été prévu sur terre, dans les airs et même sur la Seine avec pas moins de 3.000 policiers et un cordon de 200 mètres de long (composé de 65 motards et 200 policiers et pompiers de Paris) destiné à protéger la flamme olympique. A celà s'ajoutaient pas moins de 32 véhicules de CRS, un groupe de motards pour fermer la marche et 1.600 policiers répartis sur le trajet. Depuis l'esplanade des droits de l'homme ceinturée par les CRS, Noel Mamère finit par s'inquiéter de cette exportation de la dictature chinoise en France. "Je pensais que nous allions voir un Etat démocratique se développer dans un Etat policier, et ici aujourd'hui on voit le contraire".
 Les événements ont débuté dès le départ de la flamme olympique sur la Tour Eiffel avec l'arrestation d'un élu Vert qui tentait d'empecher son passage. Il aura eu bien des difficultés Stéphane Diagana, porteur initial de la flamme, à se frayer un chemin sous les huées de la foule. Alors que le drapeau Tibétain était interdit, les membres de l'ambassade de Chine encadraient les porteurs de drapeaux rouges... "bienvenus" dans la capitale.
Ensuite, tout au long du parcours, ce ne fut qu'un spectacle de violence policière à l'encontre de militants couchés sur le parcours, jusqu'à cette aggression sauvage d'un journaliste de France 2 coupable simplement d'informer l'opinion publique sur la situation. Le seul fait de porter un drapeau tibétain valait interdiction de circulation sur certains secteurs, confiscation de l'emblème, voire arrestation semble-t-il, dans quelques cas. Dix-huit personnes au moins auraient été interpellées entre le début du parcours et le stade Charléty. La vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France, Mireille Ferri, fait partie des personnes arrêtées.
Pendant ce temps, RSF fidèle à ses actions hautement médiatiques et d'autant plus efficaces réussit à faire flotter sa bannière sur la tour Eiffel ainsi qu'entre les tours de Notre-Dame.
Vers 13 h00, ce seraient les policiers qui escortent le porteur de la torche qui auraient décidé eux-memes de l'éteindre face à l'hostilité du public avant de la rallumer une vigntaine de minutes plus tard au feu olympique, protégé dans un bus. Au final, elle sera éteinte 5 fois et se déplacera principalement en bus. Un camouflet pour les organisateurs qui pensaient dissimuler derrière un fete populaire la collaboration qu'ils entretiennent avec la plus grande dictature militaire au monde.
Devant l'Assemblée Nationale, dont le président, Bernard Accoyer, avait refusé d'arborer le drapeau tibétain, un quarantaine de députés s'étaient réunis qui ne virent malheureusement de la flamme que le bus qui la conduisait à vive allure vers son étape suivante. Pour les députés, c'est la première manifestation aussi solennelle en faveur des droits de l'homme en Chine et au Tibet. Leur geste fut néanmoins applaudi par les passants heureux de voir leur parlementaires s'engager individuellement. Le groupe desoutien au Tibet de l'Assemblée comptait 62 membres début mars, ils sont à présent 150 !
Excédé par la situation, un officiel chinois décide finalement et unilatéralement de boycotter le passage devant la mairie de Paris où avait été placée une banderole en faveur des droits de l'homme.
Pendant ce temps sur l'esplanade des droits de l'homme où plus de 3.000 militants tibétains, birmans, ouighours, chinois, vietnamiens, taïwanais, français et membres du COBOP avaient accepté de resté parqués pour éviter toute provocation on pouvait assister au programme organisé par la Communauté tibétaine de France.
Après la présentation de Mr Thupten Gyatso, Président de la Communauté tibétaine de France, c'est au tour de Lionnel Lucas, Président du groupe d'étude sur la Tibet à l'Assemblée nationale de se lancer dans un discours enflammé et sans concessions.
 
Puis se succédèrent entre-autres Patrick Bloch, Jean-Louis Bianco, Noel Mamère, Corinne Lepage...
Mais aussi des écrivains telles que Claude B.Levenson ou Irène Frain et des artistes présents de Véronique Jannot à Bartabas en passant par Bernard Campan et Jane Birkin dont le vibrant message marqua tous les esprits.
 
 
 
Vers 17h00, après un concert d'artistes tibétains et français commencé en début d'après-midi, la manifestation conduite par deux nonnes - anciennes détenues durant 12 ans dans les geoles chinoises - fut enfin autorisée à prendre la route vers le Mur de la Paix situé sur le Champ de Mars... avec interdiction de passer sous la tour Eiffel qui n'accueillait aujourd'hui que les officiels chinois... pas leurs victimes.
 
 
Au milieu des 3.000 militants présents ce jour là, on pourra noter la présence de quelques membres de SolHimal parmi lequels figuraient
De gauche à droite : Pascal Bremenson (webmaster SolHimal), Pascale Ferradini (cinéaste, auteur entre-autres de "L'une pour l'Autre", DVD sur le parrainage d'une jeune tibétaine), Clothilde (sympathique marraine d'un jeune tibétain) et Jean-Marc-Margot (président de SolHimal-Bourges), tout juste rentré d'une nouvelle action menée à l'occasion du marathon de Cheverny.
Pour conclure cette journée...
Alors que votre humble webmaster regagnait le métro, un homme d'une quarantaine d'année à l'allure de PDG s'approche de lui.
- C'est le drapeau tibétain ? lui-demande-t-il, voyant la longue étoffe enroulée sous son bras.
- Oui, c'est le drapeau tibétain...
- C'est la première fois que je suis fier de la France ! lui lance-t-il alors, visiblement ému.
- Vous y étiez ?
- Non, je travaillais, mais nous avons vu la flamme olympique, éteinte, sur Internet...
|