| Répression chinoise au Tibet : Mardi 25 mars 2008 |
Tibet : Alors que 140 morts sont confirmés par Dharamsala suite aux événements de la semaine dernière, les manifestations se poursuivraient actuellement à Ganzi où un moine de 18 ans aurait été tué par balles lors d'un rassemblement comptant 200 personnes environ.Depuis 10 jours, ce sont 300.000 soldats chinois de plus qui ont été envoyés au Tibet pour y rétablir l'ordre, portant à un demi-million de soldats leur effectif total dans la région. Chine : Pékin envisage d'autoriser quelques journalistes à se rendre au Tibet pour constater la situation. Il va de soi qu'ils ne seront pas nombreux (une dizaine tout au plus pour un pays grand comme 7 fois la France), triés sur le volet, soigneusement encadrés, et conduits là où on voudra bien les mener. Il n'a pas été précisé si les caméras, appareils photos et stylos seront autorisés mais on peut se demander quel journaliste digne de ce nom oserait accepter de telles conditions. Népal : Après les 400 manifestants arrêtés lundi par la police de Katmandou, ils étaient 70 à subir le même sort ce mardi. JO de Pékin : La Chine a vivement critiqué le quotidien britannique Times qui dénonçait dans ses pages le parallèle entre les Jeux olympiques de Pékin et ceux de Berlin (1936) lorsque les démocraties n'avaient pas hésité à s'afficher aux côtés de Hitler. Le gouvernement chinois, qui cache encore à ses compatriotes "l'incident d'Olympie", a qualifié cette action pacifique de Reporters sans frontières de "honteuse". Pour éviter que ce genre d'incident ne se produise sur son sol, les organisateurs chinois de JO ont décidé de ne retransmettre les épreuves qu'en léger différé afin de pouvoir masquer toute opposition éventuelle. France 2 est intervenue immédiatement pour annoncer qu'elle refuserait de retransmettre les épreuves dans ces conditions contraires à la liberté d'expression. La flamme olympique qui arrivera en France le 6 avril et traversera Paris le 7 sera vraisemblablement accueillie comme il se doit par tous les défenseurs des droits de l'homme. Si Londres a déjà fait savoir qu'elle ne s'opposerait pas aux éventuelles manifestations en rappelant sa "tradition de liberté de parole et de manifestation", Paris ne s'est pas encore prononcée sur ce point. France : Le gouvernement qui était resté jusque-là très en retrait sur la situation au Tibet commence à faire timidement entendre sa voix. Si l'ambassadeur de Chine n'a pas encore été convoqué à l'Elysée ni à Matignon pour s'expliquer sur la répression et le black-out de l'information au Tibet et si le boycott de la cérémonie d'ouverture des JO n'est pas jugé d'actualité par le président Sarkozy, la pression menée depuis plusieurs jours porte ses fruits. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères est venu répondre aux appels de Jack Lang en avouant que la répression chinoise au Tibet n'était "pas supportable". De son côté, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, a affirmé qu'elle était prête à recevoir le Dalaï Lama mais se contentait d'un timide "la Chine doit faire des efforts" lors de son intervention devant le groupe d'étude sur la question du Tibet de l'Assemblée nationale. La France est l'une des rares démocraties occidentales à n'avoir jamais osé défier son partenaire commercial chinois en invitant officiellement le prix Nobel de la paix. Parmis les parlementaires de tous bords qui se mobilisaient ce mardi à l'Assemblée nationale pour défendre le Tibet, le député UMP Lionnel Luca, président du groupe d'étude sur le Tibet de l'Assemblée nationale a vivement critiquée l'attitude de Bernard Kouchner. Le ministre des Affaires étrangères poursuivrait selon lui une politique de "collabo" en s'attachant à "véhiculer la propagande chinoise". Reprenant les termes du ministre, il a ainsi rappelé que si le peuple chinois était "notre ami", il n'en allait pas de même du gouvernement chinois. C'est "une dictature et je n'ose imaginer ce qu'aurait dit Bernard Kouchner il y a soixante ans pendant l'occupation" a-t-il ajouté. Canada : Près de 25 personnes on entamé une grève de la faim devant le consulat chinois à Toronto pour dénoncer les atteintes aux droits de l'homme subies au Tibet. Afrique du sud : Le prix Nobel de la Paix Desmond Tutu a appelé le gouvernement chinois à entamer un dialogue avec le Dalaï Lama et à ne pas l'accuser d'être responsable des émeutes alors que ses propos ne sont des "appels au calme, à la retenue (...) contre de nouvelles violences envers les populations civiles de moines et de laïcs". Monde : Une soixantaine d'ONG ont dénoncé la passivité du Conseil des droits de l'homme de l'ONU face aux violences qui frappent le Tibet et demandé l'organisation d'une session extraordinaire et l'envoi d'une mission d'enquête comme il avait été fait pour la Birmanie, le Soudan ou les Territoires palestiniens occupés. A l'ONU, l'ambassadeur de Pékin s'est autorisé à couper la parole aux représentants des Etats-Unis, d'Australie et d'Amnesty Internationale qui avaient abordé un sujet qui, de son avis, n'était pas à l'ordre du jour. |
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Tibet : Alors que 140 morts sont confirmés par Dharamsala suite aux événements de la semaine dernière, les manifestations se poursuivraient actuellement à Ganzi où un moine de 18 ans aurait été tué par balles lors d'un rassemblement comptant 200 personnes environ.
