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Compte-rendu du chantier de Timure - Népal - 2007
    SolHimal a organisé du 1er au 30 août 2007 un chantier solidaire dans les villages de Timure, Khaidi et Ghatte Khola, au Népal.
    Nouvellement présente dans ces trois villages mais active dans leur région, le Langtang, depuis 1995 à travers ses actions de parrainage et l'organisation en 2002 d'un premier chantier solidaire à Shyabru Besi, le chantier de cet été fut l'occasion pour l'association de lancer différents projets dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'amélioration des infrastructures, ou encore du développement économique.

 Contexte du projet

Lieu d'intervention

    Timure, Khaidi et Ghatte Khola sont des villages tamang situés dans le district de Rasuwa, à environ 150 kilomètres au nord de Katmandou et à 2 km de la frontière tibétaine. Longtemps interdit aux étrangers en raison de leur situation géostratégique, ces villages ont pu être parfaitement préservés des méfaits habituels liés au modernisme et au tourisme, bien qu'ils fassent partie d'une région touristiquement attractive : le parc national du Langtang.
    Pour s'y rendre depuis Katmandou, il faut emprunter une route de 126 km jusqu'à Dhunche, capitale du district, puis continuer encore 15 km jusqu'à Shyabru Besi. De là, les villages n'étant reliés par aucune voie carrossable, il faut encore marcher 4 à 5 heures le long de la rivière Bhote Khosi sur une voie traditionnelle menant au Tibet.
    De l'autre côté de la frontière, l'agglomération la plus proche, « Kyerang », fut de tout temps un nœud commercial entre le Népal et le Tibet. D'ici peu, cette liaison devrait être restaurée puisque le gouvernement chinois a entrepris les fondations d'une voie carrossable réalisée semble-t-il par plus de 300 prisonniers.

Présentation des Tamangs

    Les Tamangs représentent une ethnie népalaise d'origine tibétaine. Ils auraient émigré au Népal à l'époque de Gengis Khan et sont aujourd'hui majoritairement implantés dans la vallée de Shyabru Besi. Les Tamangs ont de nombreux traits communs avec les Tibétains tels que la langue et la religion bouddhiste. C'est un « peuple artiste » : jusqu'aux confins du Sikkim et du Bhoutan, les peintres tamangs népalais sont sollicités par les monastères pour leur maîtrise des techniques picturales traditionnelles.

Les villages de Timure, Khaidi et Ghatte Khola

    Ces trois villages, situés à des altitudes allant de 1750m à 2200m, font partie de l'une des 18 « communautés de communes » administratives du district, appelées Village Development Committees (VDC). Ils sont chacun séparés des autres par une distance allant d'une à trois heures de marche.
Ce district compte également quelques foyers isolés à Rasuwa Ghadi, non loin de la frontière tibétaine et du poste de douane.

    Au total ce ne sont pas moins de 520 personnes réparties en 98 familles qui font encore partie de cette population vieillissante puisque la région subit depuis quelques années un phénomène d'exode rural qui touche essentiellement les plus jeunes. En conséquence, la natalité y est aussi en baisse et le renouvellement de la population n'est désormais plus assuré.
    Plus que les conditions de vie difficiles, la principale raison de cet exode rural vient de l'absence de perspectives en matière d'emploi. L'activité économique se résume en effet à une agriculture de subsistance et à quelques services occasionnels (porteurs, main-d'œuvre) qui ne procurent pas des revenus suffisants pour assurer les besoins essentiels d'éducation et de santé.

Projets :

    Pour enrayer l'exode rural, une dynamique est née sous l'impulsion de l'association des femmes visant à améliorer les conditions de vie et doter le village des conditions et moyens propres à développer une activité touristique respectueuse de la culture Tamang.

L'amélioration des conditions sanitaires
  • Acheminement de l'eau potable : depuis deux ans, l'association des femmes de Timure a lancé un projet pour alimenter le village avec de l'eau provenant d'un lac éloigné de trois kilomètres. À ce jour, 1000 mètres de canalisations ont été posés, mais l'avancée des travaux est ralentie par l'absence de matériel, d'aide technique et de main d'œuvre (tous les travaux sont effectués par les habitants de Timure).
  • Construction de sanitaires : Plusieurs familles ont d'ores et déjà entrepris de construire à l'extérieur de leur maison des toilettes et douches dans le respect du style local (matériaux et architecture).
  • Problème des fumées : de même qu'à Shyabru Besi, les habitations sont équipées d'un foyer qui ne dispose pas de système permettant d'évacuer la fumée. Des campagnes de sensibilisation aux problèmes oculaires et pulmonaires engendrés par ce système sont mises en place par le gouvernement mais, faute de moyens financiers, aucun remède n'y est apporté.
Le développement du tourisme culturel
  • Mise en valeur du village : des travaux d'entretien et de rénovation visant à conserver l'habitat traditionnel du village sont constamment réalisés par les habitants qui ont ainsi permis de maintenir le village dans un état remarquable.
  • Ébauche d'une programmation culturelle : du 12 au 18 novembre 2005 a été organisé pour la première année le Festival du Langtang, un spectacle culturel itinérant organisé par quelques villages de l'ouest du Langtang regroupés autour d'un comité organisateur base à Dhunche, chaque village participant disposant d'un correspondant. Ce festival a pour but d'intégrer une dimension culturelle au tourisme actuel en proposant des démonstrations musicales et de danse mais aussi en expliquant le mode de vie traditionnel tamang par la présentation d'objets anciens et artisanaux. Au cours de ce festival une halte d'une à deux journées est effectuée dans chacun des villages qui, à l'instar de Timure, y participent.
    L'un des objectifs du chantier solidaire organisé par SolHimal fut notamment d'apporter un soutien à certains de ces projets initiés par les villageois.

Le chantier au quotidien

47 PARTICIPANTS - 2 ENCADRANTS
DONT 10 PARRAINS A LA RENCONTRE DE LEURS FILLEULS

DUREE DU SEJOUR : 29 JOURS DONT 17 AU VILLAGE, 6 A KATMANDOU, 4 SUR LES ROUTES ET LES CHEMINS DU NEPAL ET 2 DANS LES AIRS

1380 KG DE BAGAGES CONVOYES :
- 670 KG DE BAGAGES PERSONNELS
- 710 KG DE MATERIEL POUR LE CHANTIER OU A DESTINATION DES POPULATIONS (outils divers, vêtements, objets de la vie quotidienne, jouets, livres et fournitures scolaires...) 

    Le groupe était constitué de 47 volontaires, âgés de 18 à 65 ans, accompagnés de deux permanents de l'association : Danielle HEIM, Directrice et Anne-Sophie PETRI, gestionnaire de projets.

    Les volontaires étaient originaires des quatre coins de la France (Franche-Comté, Alsace, région parisienne, Savoie, Rhône-Alpes, Provence, ...) et avaient tous des profils très variés :
- étudiants dans diverses branches (sciences humains, médecine, architecture...)
- professionnels (agriculteurs, infirmiers, enseignants, horlogers...)
- retraités (électricien, infirmier...)

Récit du voyage :

    Après 36 heures de voyage entrecoupées d'une escale d'une nuit à Bahrain, dans le Golfe, le groupe est arrivé à Katmandou le 2 août 2007 pour y passer une première nuit de repos avant d'effectuer les 2 jours suivants de multiples visites, allant des hauts lieux touristiques de la ville (quartier de Boudhanath et son énorme Stupa millénaire, Swayambu et le « monkey temple » ou encore Durbar square et ses temples royaux), à la découverte des écoles, orphelinats ou monastères dans lesquels intervient l'association SolHimal.

    Ce fut également l'occasion pour les participants au chantier parrainant un enfant ou un moine par le biais de l'association de rencontrer leur filleul et parfois sa famille, pour des moments qui furent chargés d'émotion.
À chaque visite, l'accueil était très chaleureux et les volontaires purent partager quelques moments forts avec les élèves, déjeunant en leur compagnie au réfectoire ou disputant avec eux un match de basket.

    Au fil du temps et de ces visites, l'impatience de partir enfin sur la route de Shyabru Besi, dernier village accessible en bus avant la marche pour Timure, se fit de plus en plus sentir.

    Le départ fut finalement fixé au 6 août, avec cependant quelques inconnues quant à l'arrivée à Shyabru Besi... la route ayant été coupée par un important glissement de terrain dû aux abondantes pluies de mousson s'étant abattues sur le Népal tout au long du mois de juillet.
Route-vers-Shyabru.jpg     Le groupe se trouva finalement obligé de changer de bus à mi-chemin, devant parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre un deuxième bus et transférer tout le matériel acheminé... aidé pour cela par les villageois de Timure, Khaidi et Ghatte Khola qui, apprenant l'existence du glissement de terrain, étaient venus la veille afin de prêter main-forte.
    Après 2 heures de marche le long de la route endommagée, entourés de paysages magnifiques, les participants et les habitants purent finalement remonter à bord d'un bus... qui fut malheureusement obligé de s'arrêter définitivement quelques kilomètres plus loin avant d'avoir atteint Shyabru Besi, un deuxième glissement ayant endommagé la route.Glissement-terrain.jpg
    Et voilà donc le groupe reparti pour une deuxième marche, à la tombée de la nuit, avant de finalement rallier avec soulagement le village de Shyabru pour une bonne nuit de sommeil bien méritée... avant la marche du lendemain - celle-ci prévue d'avance ! - vers Timure.
    Le lendemain matin le groupe est donc parti à pied pour Timure, ce qui nécessite 5 à 6 heures de marche le long de la rivière Bhote Khosi, qu'il faut remonter plein nord jusqu'à n'être plus qu'à 1 heure de la frontière tibétaine.
    Heureusement, les villageois venus aider les volontaires pour le transfert du matériel et des bagages au glissement de terrain étaient toujours à leurs côtés, et d'autres encore étaient en plus venus du village la veille pour aider à convoyer tout le matériel et les bagages personnels des participants. Ce fut donc une longue colonne de sherpas et de volontaires qui se mit en route en ce matin du 7 août pour rejoindre Timure.
    Tout le monde fut impressionné par la capacité des villageois à transporter de telles charge sur de si longues distance. Celle-ci représente pour bon nombre d'entre eux un bon moyen de compléter leurs revenus tout au long de l'année et en particulier pendant la saison touristique, servant de guides ou de porteurs pour les treks ou pour le ravitaillement de leur village.
    La marche s'averra plus ou moins difficile selon les possibilités de chacun (condition physique, âge, habitude ou non de marcher en montagne...), et surtout du fait du soleil, très chaud, car notre départ de Shyabru qui aurait dû se faire à 6h du matin se fit finalement à 10h.
    Mais les difficultés rencontrées furent bien vite oubliées une fois que le village apparut enfin, au loin, au détour de la montagne.

Extrait du carnet de voyage de Claire, l'une des participantes :

Mardi 7 Août

Voilà enfin les premières impressions de l'arrivée à Timure.
Nous sommes arrivés hier, après une randonnée plutôt sportive ! Environ cinq heures de marche (moins pour les plus sportifs) sur un chemin alternant montées et descentes!
Heureusement nous n'avions que nos petits sacs (je n'ose pas imaginer autrement !) remplis de quelques cahiers et fournitures pour les enfants du village.
Cependant tous ces efforts ont été magnifiquement récompensés par la beauté des paysages : chemin le long de la rivière, forêts de pins, cactus et source d'eau chaude.
Le plus incroyable fût l'accueil et l'hospitalité des villageois. Déjà tout au long du voyage, les sourires et les « namaste » se sont multipliés. Tantôt avec les porteurs, les villageois (les petits comme les plus âgés) tantôt avec des lamas.
Même si l'échange reste simple, leur regard et leur sincérité sont autant de cadeaux qu'ils nous offrent.
Arrivée à quelques mètres du village, lorsque j'ai aperçu la haie d'honneur formée par les enfants du village et que j'ai entendu les trompettes au loin, j'ai été envahie par une très grande émotion. J'ai été vraiment très émue.
Je ne m'attendais pas à un tel accueil. Cela faisait tellement longtemps que j'espérais ce moment !
L'entrée du village était délimitée par une arche garnie de fleurs et de banderoles « Bonjour » « Welcome to Timure ».
Les enfants en tenue d'écoliers nous ont offert des bouquets de fleurs ainsi que des khatas.
Nous avons trempé nos mains dans un bol d'eau ensuite nous avons porté nos doigts à notre front (ne sachant pas réellement ce que cela pouvait bien signifier) et le lama nous a jeté de la farine de tsampa dans la bouche.
Nous avons traversé le village en découvrant les différentes maisons, leurs habitants et les stupas.
Nous nous sommes installés devant notre lodge. On nous a offert du thé et les musiciens nous ont rejoints.
Un vieil homme nous a pris les mains à tour de rôle et nous a salués d'un « Tashi Delek ».

Organisation au village

À Timure, le groupe fut réparti dans différents logements :
  • 27 personnes dans une Guest House récemment construite par un villageois, comprenant 6 chambres (3 chambres de 5 et 3 chambres de 4).
  • 15 personnes dans une seconde maison, également récemment construite.
  • 5 personnes réparties dans des familles (maisons d'une pièce), qui avaient chacune offert de loger une personne.
  • 3 personnes dans la Guest House du village.
    Dans les 2 premières maisons, le couchage se fit à même le sol. La température avoisinant les 25-30°C et les nuits étant relativement douces, cela ne posa pas trop de problème. Finalement ce que craignaient le plus les participants n'était pas tant le froid que les diverses « bestioles » sympathiques qui peuplent les nuits au village : araignées, gros scarabées volant, et surtout... serpents en temps de pluie, qui heureusement préfèrent rester à l'extérieur ! Mais tout le monde était prévenu avant le départ et appris donc à faire avec !

    Dès le lendemain de notre arrivée, la question centrale fut celle de l'implantation de LA douche du village... Le point de ralliement central étant la première Guest House citée ci-dessus, où seraient organisés les repas et où se trouvait un point d'eau (froide voire même très froide, bien entendu !) propice à être aménagé en douche, il fut décidé de l'installer à cet endroit du village. Quelques volontaires armés de bâches en plastique et de cordes, mais surtout très motivés par la perspective d'une bonne douche après 2 jours de voyage chaotiques, parvinrent finalement à mettre en place une douche qui, de l'accord de tous, était digne du plus grand luxe !

    À Timure, la nourriture de base des habitants se compose de riz et de patates... Trois villageois furent employés tout au long du séjour pour préparer les repas du groupe, mais les volontaires mirent également la main à la pâte, apportant chacun leurs recettes et surtout leur imagination. Ce ne fut pas toujours facile, les ingrédients à disposition sur place étant peu variés. Les volontaires eurent cependant le plaisir de découvrir les fougères sauvages qui, cuisinées avec moult épices, s'avèrent succulentes en accompagnement des patates ou du riz. Il fut même possible de se procurer un peu de viande, après cependant de longues négociations à travers le village pour l'achat de poules !

    En-dehors des travaux du chantier, détaillés plus loin, les volontaires purent s'adonner à diverses activités en compagnie des villageois : tournois de volley-ball, auquel les jeunes du village adorent jouer, soirées autour du feu avec tours de chant (chants tantôt traditionnels tibétains, tantôt issus de la culture populaire française !), mais surtout de nombreuses soirées cartes. Les derniers à quitter le village purent même profiter d'une soirée disco jusqu'au bout de la nuit, où les villageois semi-nomades prouver leurs talents de danseurs !

    Mais l'échange culturel le plus fort eut lieu au cours du spectacle de danses et de chants traditionnels tibétains, népalais et tamangs organisé par les villageois, pour célébrer la fin du chantier et remercier les volontaires. Au cours de cette ultime journée, petits et grands, vêtus de leurs plus belles tenues traditionnelles, offrirent aux volontaires un merveilleux spectacle, et les invitèrent également à partager leurs danses.

    Enfin certains volontaires prirent également le temps au cours du séjour de visiter les montagnes avoisinantes à l'occasion de divers petits treks ou balades.
    Ils purent à cette occasion découvrir d'autres villages de la région, profiter de sources d'eau chaude, aller à la rencontre des semi-nomades originaires du village qui passent la moitié de l'année dans les montagnes proches de la frontière tibétaine en compagnie de leurs vaches et yaks, ou encore se rendre au fort de Rasuwa Ghadi, à la lisière de la vallée de Kyirong au Tibet.

 Réalisations

Travaux d'électricité et mise en place d'un système d'évacuation de la fumée dans les maisons

    Au cours d'une mission exploratoire en avril dernier, la gravité du problème des fumées dans les maisons et la vétusté des installations électriques avait été constatées. En effet, les foyers dont se servent traditionnellement les habitants de ces régions pour préparer à manger, chauffer l'eau ou réchauffer les maisons sont totalement ouverts et sans système d'évacuation, mis à part de temps en temps au niveau du toit, une petite ouverture qui s'avère totalement insuffisante. Il est clairement établi que les nombreux problèmes pulmonaires et oculaires dont souffrent les habitants sont liés à ces fumées.
    Quant aux installations électriques, elles présentent une menace pour la sécurité : les risques d'électrocution ou d'incendie sont bien réels du fait d'un matériel de mauvaise qualité et d'un réseau monté de manière aléatoire.

    Grâce au travail des volontaires du chantier d'août, les installations électriques de 22 maisons et du monastère de Ghatte Khola purent être améliorées et 105 fourneaux furent être installés à Timure, Khaidi et Ghatte Khola.
    Face à l'enthousiasme et à la satisfaction des habitants, SolHimal a d'ailleurs décidé de poursuivre progressivement son action dans d'autres villages du Langtang, et notamment à Dhal Phedi, à 2 heures de marche de Timure.

    Un fourneau de bonne qualité coûte 6500 roupies, soit environ 75 euros, ce qui est bien trop cher pour des familles dont le revenu s'élève en moyenne à 2000 roupies par mois, les parents étant par ailleurs obligés de s'endetter pour permettre à leurs enfants de poursuivre leur scolarité.
    Quant au coût du matériel électrique au Népal, les prix sont quasiment identiques à ceux pratiqués en France.

    C'est pourquoi SolHimal avait organisé dès le mois de mai 2007 une campagne de collecte de dons afin de financer en intégralité l'achat des fourneaux et du matériel électrique installés à l'occasion du chantier. Afin de poursuivre cette action, une partie des bénéfices réalisés lors des expositions-ventes d'artisanat himalayen organisées par SolHimal fin 2007 dans plusieurs villes de France sera notamment affectée à ce projet.

Travaux de peinture (école de Timure et monastère de Ghatte Khola)

    L'école de Timure avait besoin d'être rénovée notamment en ce qui concernait les peintures. Certains des volontaires s'attelèrent donc à repeindre les 8 salles de classe que compte cette école ainsi que les murs et piliers extérieurs et les fenêtres et volets.
    Avant notre intervention les murs des salles de classe étaient très sales, ce qui de surcroît assombrissait les pièces. Le travail effectué a donc permis d'améliorer l'environnement des écoliers. Cependant il est apparu que de futurs travaux seront indispensables afin d'éviter les remontées d'humidité en droit des murs de classe, car des moisissures commençaient déjà à apparaître à l'issue du chantier.

    En ce qui concerne le monastère de Ghatte Khola, il venait d'être entièrement rénové par les villageois, désireux de lui redonner son éclat passé. Les murs avaient donc été restaurés, mais faute de moyen aucune peinture n'avait été appliquée. Une équipe s'est donc chargée de peindre les murs et les boiseries dans les couleurs traditionnelles (jaune et orange), et l'une des participantes a reproduit deux fresques qui s'étaient estompées avec le temps, en respectant le motif original.

Mission médicale : bilan de santé des habitants du village

    Le groupe comptait 6 infirmiers et autant d'étudiants en médecine, dont la mission était d'apporter des soins aux habitants en travaillant en collaboration avec l'aide de santé du dispensaire.
    Parmi les infirmiers se trouvait un couple ayant déjà participé à plusieurs chantiers organisés par l'association en Inde et au Népal, qui souhaitaient une nouvelle fois apporter leur aide en dispensant soins et conseils aux habitants des trois villages où se déroulait le chantier.

    Le groupe de six infirmiers se répartit en 2 équipes, les uns se chargeant de la mission médicale sur Timure, les autres, mobiles, se rendant dans les villages alentour afin de faire le point sur la santé des habitants et leur apporter conseil.
      Le groupe a également profité de son passage afin de nettoyer le dispensaire et repeindre les murs et fenêtres, redonnant ainsi un peu d'éclat à l'unique pièce qui sert à accueillir et ausculter les patients.

Sensibilisation à la collecte des déchets

    Nous avions pu constater que, dans le village de Timure comme un peu partout au Népal, la majorité des déchets étaient éparpillés au gré du hasard dans le village, ou alors certains étaient parfois regroupés dans des endroits en particulier, au pied d'un rocher ou au bord d'un chemin très passant.

    L'un des objectifs du chantier fut donc notamment de sensibiliser les habitants à l'importance de regrouper les déchets en un seul endroit et de brûler ceux qui peuvent l'être, afin de préserver l'aspect du village, dans le cadre du développement d'une activité touristique, mais aussi pour des raisons écologiques et sanitaires.
    Une équipe s'est donc chargée de choisir en accord avec les villageois un lieu suffisamment éloigné du village mais accessible afin d'y déposer les déchets et y a aménagé une décharge en compagnie d'un groupe de villageois.
    De plus une journée de ramassage des déchets dans le village a été organisée avec les femmes et les enfants et nous y avons installés plusieurs « poubelles » à des points clés.
    Par la suite une personne du village se chargera de récolter les déchets non organiques déposés dans ces poubelles et de les acheminer à la décharge, afin qu'ils ne soient plus éparpillés dans tout le village.

Initiation à la fabrication de confiture

    Différentes sortes de fruits et de légumes poussent à Timure et dans les villages voisins. Pour l'instant ceux-ci sont utilisés tels quels par les habitants pour leur consommation propre et certains sont vendus à Shyabru.
    Au moment du chantier, la récolte des pommes battait son plein. Nous avons donc mis en place un petit atelier de transformation des pommes en confitures et en compotes, afin d'y initier les producteurs de pommes du village de Khaidi, duquel provient la majorité de la production, mais aussi ceux de Timure et de Ghatte Khola.
    En effet à l'heure actuelle les habitants de ces trois villages ne transforment pas leurs fruits et ont beaucoup de mal à les écouler. Or la région dans laquelle ils se trouvent est très touristique et comporte de nombreux lodges et autres guest house d'étape dans lesquels logent les touristes venus faire des treks dans les montagnes alentour. A l'heure actuelle, les petits déjeuners « continentaux » servis dans ces structures sont agrémentés de confiture « made in China » ayant très peu de goût et une contenance en fruit très faible.
    Il semblait donc envisageable de proposer à ces structures hôtelières de servir de préférence à leurs clients de la confiture de fabrication artisanale et locale.
    Une fois les ateliers organisés, un petit groupe de volontaires est donc parti sur deux des principales voies de trek de la région, accompagné de quelques villageois, afin de faire goûter la confiture fabriquée au village aux propriétaires des lodges et leur demander s'ils seraient prêts à s'impliquer dans ce projet.
    Le résultat de cette première enquête s'est avéré très satisfaisant et bien que ce ne soit là que le point de départ d'un projet qui mettra du temps à s'implanter, celui-ci semble très prometteur.

 Animations à l'école

    L'école de Timure compte une centaine d'élèves répartis en 8 niveaux, du CP (classe 1) à la 4ème (classe 8). Les cours se terminant vers 16h, certains volontaires ont pu proposer diverses activités aux élèves :
  • enseignement de l'anglais, en complément des cours apportés par les "professeurs", dont le niveau est très faible. En effet, les professeurs de qualité refusent de venir travailler dans des zones aussi isolées, où les petites écoles de montagne ne peuvent pas leur donner une rémunération en rapport avec leur qualification.
  • activités extrascolaires, sport, musique dessin...
  • activités de sensibilisation à la protection de l'environnement - dans le cadre de la mission décrite plus haut

 Futurs travaux - Timure, Khaidi, Ghatte Khola, Dhal Phedi

    L'objectif d'un prochain chantier sera d'étendre l'aide apportée à Timure, Khaidi et Ghatte Khola à un village voisin avec lequel les habitants de ces trois villages entretiennent des liens étroits : Dhal Phedi.

    Situé sur l'autre versant de la vallée, à 2 heures de marche de Timure et 2100m d'altitude, il s'agit d'un village très pauvre où le même type de besoins se fait ressentir. Il est étroitement lié à Timure car une cinquantaine d'enfants du village y sont scolarisés. Les habitants souhaiteraient d'ailleurs à terme que leurs enfants puissent être logés à Timure pendant la semaine, afin de leur épargner une marche quotidienne de 3 heures aller-retour pour se rendre à l'école, par ailleurs assez dangereuse car empruntant des chemins escarpés.

Voici une liste non exhaustive des futurs travaux à réaliser dans ces villages, à plus ou moins court terme :

Électricité :
- Rénovation des installations électriques dans les maisons de Timure, Khaidi et Ghatte Khola : 95 maisons
- Formation du nouvel électricien en charge des 3 villages (recrutement en cours)
- Installation de l'électricité à Dhal Phedi (connexion au réseau électrique de Thuman)
- Installation d'un second générateur à Ghatte Khola

École de Timure :
- Assainissement des murs de l'école de Timure
- Dallage de la cour de l'école

Eau :
- Acheminement d'eau potable à Timure depuis une source éloignée de 3 km du village (1km de mur déjà construit)

Bâtiment :
- Rénovation du dispensaire - aménagement d'une salle supplémentaire pour l'accueil des patients
- Construction d'une cuisine communautaire près du monastère de Ghatte Khola
- Rénovation du monastère de Timure : peinture et pose d'un plancher en bois dans la salle de prière des villageois
- Rénovation des maisons de Dhal Phedi - problème de fuite au niveau du toit, absence de murs (cloisons en bambou tressé),
- Construction d'un pensionnat pour les enfants de Dhal Phedi ?

Fourneaux :
- Installation de fourneaux à Dhal Phedi
- Formation des villageois pour une utilisation correcte des fourneaux

Poursuite du projet de fabrication de confiture / mise en place d'un circuit commercial


    SolHimal souhaiterait récolter les fonds nécessaires au financement du matériel spécifique nécessaire à la poursuite des travaux (fourneaux, matériel électrique, tuyaux...) lors du prochain chantier qui se tiendra vraisemblablement au mois d'août 2008.
    Par ailleurs l'association propose de soutenir les enfants et les familles de Timure, Khaidi, Ghatte Khola et Dhal Phedi dans le cadre du programme de parrainage individuel qu'elle mène depuis 20 ans en faveur des réfugiés tibétains et des ethnies d'origine tibétaine en Inde et au Népal et qui permet à l'heure actuelle de soutenir près de 2000 personnes.


Anne-Sophie PETRI
Gestionnaire de Projets à SolHimal
Co-responsable du chantier de Timure

 
 
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Inscrite le 4 avril 1988 au Registre des Associations du Tribunal d'Instance de Strasbourg
sous le volume LV, n° 96 - Organisme d'intérêt général.
Reconnue par le Kashag - Administration du Gouvernement Tibétain en Exil
comme partenaire officiel oeuvrant à la protection de la culture tibétaine.

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